Samaritaine depuis quatre décennies

27_fr_fr5_samaritaineAvenches • Les samaritains sont la deuxième famille de Christine Cuhat. Cette sexagénaire est l’une des plus anciennes bénévoles de la section avenchoise qui a fêté samedi son septantième anniversaire. Rencontre.

«Si vous tombez là, devant moi, je ne vais pas paniquer et je saurai quoi faire», explique Christine Cuhat. Autant dire qu’on est entre de bonnes mains en compagnie de cette Avenchoise de 68 ans aux réflexes de sauvetage avisés. Les premiers gestes qui peuvent sauver une vie, Christine Cuhat les connaît et les répète depuis plus de 40 ans. Elle est l’une des plus anciennes bénévoles de la section avenchoise des samaritains qui a fêté samedi ses 70 ans. «J’ai suivi mon premier cours en 1970. J’avais des enfants en bas âge et je voulais apprendre comment bien les soigner. Mais je n’aurais jamais pensé rester aussi longtemps!»

Quatre mille heures par an

Quarante ans plus tard, l’Avenchoise est toujours en poste. Les samaritains, c’est un peu sa deuxième famille. «Je le fais par plaisir, le bénévolat c’est sympa même si cela prend beaucoup de temps», reconnaît-elle. Du temps, la vice-présidente de la section avenchoise en consacre effectivement beaucoup aux samaritains. De mai à septembre, ses week-ends sont quasiment tous réservés à cette activité.

Il faut dire que la section avenchoise est particulièrement sollicitée avec les nombreuses manifestations qui ont lieu dans la cité romaine. Les trois festivals de musique ainsi que le carnaval d’Avenches et le slowUp sont autant d’événements qui mobilisent les samaritains. «Nous sommes aussi présents à l’IENA lors de concours de saut et de dressage. On donne un coup de main trois fois par année pour le don du sang et nous avons aussi un poste sanitaire en été à la plage d’Avenches», énumère Christine Cuhat qui fait également partie du groupe d’appui sanitaire mobilisable en cas d’accidents majeurs.

En tout, la section, épaulée par les samaritains de Domdidier et de Faoug, est présente sur 42 manifestations, soit un total de 4000 heures par année. A cela s’ajoutent de nombreuses heures de formation. Environ une fois par mois, des cours de remise à niveau sont organisés par les moniteurs de la section. «C’est essentiel de répéter ces gestes. On apprend aussi beaucoup directement sur le terrain», explique Christine Cuhat qui, à côté de son activité de samaritaine, a travaillé comme linotype durant 15 ans dans l’imprimerie de son mari avant de se consacrer à la démonstration et la dégustation de produits alimentaires.

Matériel plus performant

Au fil des années, Christine Cuhat a dû apprendre à utiliser du matériel de sauvetage toujours plus performant. «Au début, on avait qu’une petite trousse de secours avec du désinfectant, un thermomètre et un stéthoscope», se souvient la samaritaine en feuilletant le classeur où elle conserve depuis quarante ans toutes les coupures de presse sur la section avenchoise. Défibrillateur, appareil pour mesurer la pression artérielle, lit de secours, minerves et attelles, soit près de 40kilos de matériel composent désormais un poste sanitaire. «En quarante ans, je n’ai heureusement jamais dû faire face à un décès ni dû faire un massage cardiaque. On intervient surtout pour calmer et apporter les premiers soins aux personnes qui ont un malaise ou se sont blessées», raconte la sexagénaire qui compte poursuivre sa carrière de samaritaine aussi longtemps qu’elle le pourra. I

Une section qui peut compter sur Les jeunes

Fondée il y a 70 ans, la section avenchoise des samaritains compte actuellement 35 membres, dont une majorité de femmes. «Les questions d’assistance et de soins ont toujours beaucoup plus touché les femmes que les hommes. Mais les choses évoluent aussi. Cinq hommes font aujourd’hui partie de notre section alors qu’auparavant il n’y en avait aucun», relève Christine Dubi, présidente de la section avenchoise. Toujours à la recherche de bénévoles, la section peut compter sur la relève. «Nous avons la chance d’avoir Rock Oz’ qui attire pas mal de jeunes dans notre section. Six sont actuellement en formation et une bonne dizaine de nos membres ont entre 20 et 30 ans», précise la présidente.

Moniteur au sein de la section avenchoise, Ruben Espirito, 28ans, fait partie des samaritains depuis l’âge de 15 ans. «Je m’intéressais au métier d’ambulancier et les samaritains étaient une bonne entrée en matière», explique le moniteur qui prendra finalement une autre voie professionnelle. Pour le jeune homme, également membre des pompiers d’Avenches, l’apprentissage des gestes qui sauvent devrait être l’affaire de tout le monde. «Au Tessin, où la population est beaucoup plus formée, le taux de survie après un malaise cardiaque est de 43% alors que cepourcentage est seulement de 3% dans les cantons romands», constate-t-il.

Maud tornare – La liberté